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28 Nov

OGM : une étude française donne l'alerte

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Des chercheurs ont mené une étude indépendante sur les effets du maïs OGM sur des rats. Les résultats, très alarmants, montrent une mortalité prématurée et des cancers sur ces animaux.  En savoir +

Des chercheurs français ont testé les effets d'un maïs OGM (NK603) et d'un insecticide (Roundup) de la firme américaine Monsanto sur des rats. Les résultats, à paraître dans la revue Food and Chemical Toxicology et révélés par Le Nouvel Observateur, montreraient que sur le long terme, ces produits agiraient comme de véritables poisons.

Les chercheurs ont étudié plusieurs centaines de rats durant deux ans. D'après les auteurs, les études menées jusqu'à présent et qui semblaient prouver l'innocuité des OGM n'ont jamais été menées sur une si longue période. Les scientifiques ont inclus les produits testés dans la nourriture des rats, dans une proportion similaire à celle que consomme la population américaine. Ils ont divisés leurs cobayes en plusieurs groupes : avec pesticide, avec OGM, avec les deux ou groupe témoin. Résultats, les animaux nourris aux OGM comme aux pesticides (seuls ou en association) seraient morts en plus grand nombre et bien avant ceux qui n'en ont pas consommé. De plus, des tumeurs de la taille d'une balle de ping-pong, ainsi que des anomalies du foie et des reins ont été observées en beaucoup plus grande quantité chez les rongeurs nourris avec le maïs modifié et l'herbicide.

Les ministres réagissent
Dans un communiqué commun, Marisol Touraine (ministre de la Santé), Delphine Batho (ministre de l'Ecologie) et Stéphane Le Foll (ministre de l'Agriculture) indiquent que "cette étude semble confirmer l'insuffisance des études toxicologiques exigées par la règlementation communautaire en matière d'autorisation de mise sur le marché de produits transgéniques." L'Agence nationale de sécurité sanitaire et le Haut conseil des biotechnologies ont été saisis.

12 Nov

Les Français mangent-ils mieux que les Américains ?

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Contrairement aux idées reçues, les Français ne mangeraient pas plus sainement que les Américains, si l'on en croit les conclusions surprenantes d'une étude du Crédoc. En savoir +

Le Centre de recherche pour l'étude et observation des conditions de vie (Crédoc) vient de publier une note de synthèse plutôt étonnante sur l'alimentation en France et aux Etats-Unis. L'organisme a comparé les consommations alimentaires et les apports nutritionnels dans les deux pays au travers de deux enquêtes réalisées de la même façon et durant la même période.

Première surprise, les apports caloriques sont les mêmes dans les deux pays, même si les Américains boivent davantage de boissons sucrées (sodas ou jus de fruits). Si outre-Atlantique on est les champions du sucre, les Français ingèrent davantage d'acides gras saturés et de cholestérol, bref, de mauvaises graisses. En cause, la popularité des viennoiseries, charcuteries, fromages, etc. dans l'Hexagone.

Pas assez de fruits et légumes
Plus surprenant encore, les jeunes Français (21-34 ans) et les plus de 65 ans mangent moins bien que les Américains du même âge : trop de sandwiches et pas assez de fruits et légumes. "Si cela devenait un phénomène générationnel, il y aurait un risque d'affaiblissement du modèle alimentaire français", alertent les auteurs de l'étude.

Ceux-ci ont tout de même constaté une plus forte diversité alimentaire en France, avec des repas plus variés d'un jour à l'autre, et davantage de fibres. Notre modèle alimentaire n'est donc peut-être pas complètement mauvais...

17 Jui

L’activité sportive favorise un sommeil de qualité

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Les Français dorment peu en semaine et récupèrent le week-end. Or, une bonne qualité de sommeil est un facteur protecteur de plusieurs pathologies. Pour cela, le président de l’Institut national du sommeil et de la vigilance recommande l’exercice physique « trois à quatre fois par semaine ».
 
Quatre Français sur dix souffrent de troubles du sommeil, indique une étude commandée par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN). Réalisée par Opinion way, elle a été rendue publique le 16 mars, à l’occasion de la journée nationale du sommeil, à laquelle la MGEN a participé.
 
Or, une durée de sommeil suffisante « est essentielle à la mémoire, à l’attention, à la prise de décision quel que soit l’âge de la vie », rappelle le président de l’INSV, le Pr Damien Léger.
 
Intitulée « Sommeil, performance et bien-être des Français : état des lieux », cette étude montre que plus d’un tiers des personnes interrogées dorment seulement cinq à six heures par nuit. « Ils déclarent qu’ils dormiraient plus s’ils le pouvaient », précise la Dre Joëlle Adrien, présidente du conseil scientifique de l’INSV. Pour le Pr Damien Léger, « cette persistance d’une fraction importante de la population qui n’a pas une durée de sommeil suffisante est préoccupante ». En effet, ajoute-t-il, « de très nombreuses études ont montré les effets délétères de ce manque à long terme ». Les personnes en déficit de sommeil ont un risque accru de maladies cardio-vasculaires, de diabète, d’obésité, de troubles mentaux et d’accidents.
Le reste de la population dort en moyenne 7 heures en semaine « et 8 h 11 le week-end ». Une donnée qualifiée d’« assez rassurante » par la Dre Joëlle Adrien, puisque les enquêtes antérieures « montraient une diminution régulière de la durée du sommeil de quelques minutes quasiment chaque année ».
 
« Une activité physique trois à quatre fois par semaine favorise le sommeil », rappelle l’INSV. Avantage non négligeable : « Elle joue sur la qualité du sommeil en favorisant un meilleur sommeil à ondes lentes. » Toutefois, il faut au moins une heure d’exercice pour obtenir cet effet. Pour améliorer la performance, mise à mal par des nuits trop courtes, l’INSV préconise la sieste ! L’enquête conduite à la demande de l’INSV et de la MGEN montre qu’un tiers des personnes interrogées « fait au moins une sieste par semaine » d’une durée de près d’une heure.
Idéalement, une sieste ne doit pas dépasser 15 à 20 minutes.
 
 
Source AFIM –  2012
 
24 Fév

Médicament : la recherche sous influence des labos

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Publication d’articles orientés, pressions sur les chercheurs : en panne d’innovation, les laboratoires pharmaceutiques ne manquent pas d’idées pour promouvoir leurs nouveaux médicaments, même s’ils ne comportent aucune avancée thérapeutique. Une table ronde organisée le 26 janvier par la revue « Prescrire » montre que le développement d’une recherche indépendante constitue une urgence sanitaire. En savoir +

La proportion de nouveaux médicaments ne comportant aucune avancée thérapeutique augmente régulièrement depuis les années 1980 sur le marché français. Et c’est tout particulièrement le cas au cours des « dix dernières années », a déploré le 26 janvier Marc-André Gagnon, professeur adjoint en politiques publiques à l’université Carleton (Canada) et chercheur en éthique à l’université Harvard (Etats-Unis). Cet expert s’est exprimé lors d’une table ronde organisée par la revue Prescrire sur le thème « Recherche sur les médicaments financée indépendamment des firmes : utopie ou nécessité sanitaire ? ».

En 2009, sur une centaine de nouveautés, seulement 3 constituaient une avancée thérapeutique, 76 n’apportaient rien de nouveau à la pharmacopée existante et 19 représentaient d’éventuels risques pour la santé. Cette situation s’explique par le développement d’un « modèle d’affaires basé sur lapromotion massive de médicamentsnon réellement innovants», regrette Marc-AndréGagnon.

Financièrement très rentable, ce modèle est « avant tout basé sur des compléments de gamme » et il encourage « une promotion à grande échelle ».

Objectif : influencer les pratiques médicales. Au total, 15 grandes firmes pharmaceutiques se partagent les deux tiers (64 %) du marché mondial, soit 900 milliards d’euros. Leurs dépenses de promotion sont deux fois plus importantes que celles consacrées à la recherche.

 

« LES FIRMES SE LIMITENT AUX EXIGENCES MINIMALES »

Pour parvenir à commercialiser largement leurs produits, les laboratoires ont une organisation bien rodée. Ils diffusent par exemple « une masse d’articles influencés », poursuit-il.

Entre 1998 et 2000, Pfizer a publié « plus de 80 articles, sur un total de 211 », concernant l’antidépresseur sertraline(Zoloft®) dans le but de« noyer les études critiques ».

Autre exemple : Merck a aussi été à l’origine de 96 articles sur l’antiinflammatoire rofécoxib (Vioxx®) : « Certains oubliaient de mentionner le décès de patients ! » Cette substance a été retirée du marché en septembre 2004, rappelle-t-on.

Dans le même esprit, les résultats des essais cliniques sont parfois utilisés de manière tendancieuse.

Les antidépresseurs IRS (inhibiteurs du capteur de la sérotonine) ont ainsi fait l’objet de 74 études : sur les 38 qui étaient favorables à ces antidépresseurs, 36 ont été rendues publiques. Mais parmi les études défavorables, seulement 8 % ont été « publiées telles quelles » et 15 % avec un « langage laissant croire que les résultats étaient favorables »… Or cette nouvelle génération d’antidépresseurs n’apparaît pas plus efficace qu’un placebo pour 70 % des patients.

D’une manière générale, « les firmes se limitent aux exigences minimales pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) », explique Jérôme Sclafer,membre du conseil rédactionnelde Prescrire. Elles se contententde comparer le nouveau produit àun placebo ou à un médicamentdéjà commercialisé, et ayant lamême indication, pour montrerqu’il n’est pas inférieur.

Plus grave : l’intimidation des chercheurs est présentée comme une méthode courante. Elle est même pratiquée pour défendre des médicaments dangereux tels que le rofécoxib (Vioxx®), les antidiabétiques benfluorex (Mediator®) et rosiglitazone (Avandia®), tous deux retirés du marché en 2010.

Cependant, pour Marc-André Gagnon, les firmes « n’ont pas le choix », car elles doivent « gagner des parts de marché » dans un marché concurrentiel. « C’est une économie politique de l’influence qui s’immisce dans l’ensemble de la recherche médicale et qui peutconduire les chercheurs les plushonnêtes à participer, de facto, àun système où la rentabilité pourles actionnaires se fait souvent audétriment du patient. »

 

UNE CONVENTION MONDIALE

Pour inverser cette tendance mondiale, ce chercheur réclame « plus de transparence », « l’encadrement et l’élimination des conflits d’intérêts », une évaluationplus rigoureuse et enfin, que la recherche indépendante regagne ses « lettres de noblesse ».

Il faut que « le savoir médical se construise sur la base de la santé publique et non pas sur un argument de vente ».

Un avis partagé par l’économiste de la santé, Germán Velásquez. Conseiller principal pour la santé et le développement à Centre-Sud – une organisation intergouvernementale regroupant 152 pays en développement basée à Genève –, Germán Velásquez appelle de ses vœux la signature d’une convention mondiale. Signé sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce texte permettrait de financer durablement, grâce à un fonds public commun, la recherche et le développement de médicaments à des coûts accessibles à l’ensemble des populations. Mais cela implique de « repenser la gouvernance mondiale en santé publique ». Pour lui, l’industrie pharmaceutique n’est malheureusement pas aujourd’hui au service de la santé publique. Alors qu’elle concentre ses activités sur des marchés fructueux, « un tiers de la population mondiale n’a pas accès aux médicaments utiles », fustige Germán Velásquez, rappelant que l’aide internationale diminue.

Dans les zones les plus pauvres, jusqu’à 50 % des personnes n’ont pas accès aux traitements. « Les maladies infectieuses tuent plus de 10 millions de personnes par an, dont plus de 90 % dans les pays en développement.»

 

Source AFIM – 2 février 2012

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