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27 Fév

Le droit à la complémentaire pour tous.

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Les chefs de file des représentants mutualistes dans les organismes d’assurance maladie ont débattu les 24 et 25 janvier, à Maffliers (Val-d’Oise), autour du thème « 2012, la santé en débat ». Face à la dégradation de l’accès aux soins et au risque de privatisation de la Sécurité sociale, ils entendent faire vivre le droit à la complémentaire pour tous. En savoir +

La crainte d’une privatisation rampante du système de protection sociale devient un sujet récurrent. Même le président de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) partage cette préoccupation ! Michel Régereau a fait part de son inquiétude, le 25 janvier, devant les chefs de file des représentants mutualistes dans les organismes d’assurance maladie. Ces militants étaient réunis depuis la veille, à Maffliers (Val-D’oise), pour un séminaire de deux jours autour du thème : « 2012, la santé en débat ».

Devant les militants mutualistes, le président de la Cnam a déploré le désengagement progressif du régime obligatoire dans la prise en charge des soins courants, remboursés à hauteur de seulement 55 %. Cette tendance, qui touche la grande majorité des assurés, risque d’entraîner « une perte de sens de la solidarité », affirme Michel Régereau. Il rappelle que dans certains pays nordiques, les 10 % des ménages les plus riches ont demandé à sortir du système solidaire.

HAUSSE DES DÉPASSEMENTS D’HONORAIRES
« A continuer sur cette pente, sans réflexion ni débat national sur le sujet, ne court-on pas le risque d’arriver à un système à l’américaine, avec d’un côté Medicare qui rembourse à 100 % les personnes les plus malades et, avec de l’autre, Medicaid pour les plus pauvres ? », a-t-il interrogé. En effet, aujourd’hui, seuls les patients souffrant d’une affection de longue durée (ALD) sont pris en charge à 100 % (hors dépassements d’honoraires pratiqués à l’hôpital), ainsi que les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU).
Au final, cette mauvaise prise en charge des soins courants pose un réel problème d’accès aux soins. Ce phénomène est accentué par la hausse des dépassements d’honoraires. « Il existe un décrochage entre les prix réellement pratiqués et le remboursement par l’assurance maladie », lance Etienne Caniard. D’ailleurs, poursuit-il, depuis 1945, soit 67 ans de Sécurité sociale, il n’y a eu que « 20 ans de tarifs opposables ! ». Le président de la Mutualité Française souhaite donc « travailler avec l’assurance maladie et les syndicats de médecins pour retrouver une certaine opposabilité des tarifs ». A l’heure actuelle, « il n’existe plus d’accès aux soins sans entrave et par conséquent, l’intervention des complémentaires est indispensable », ajoute-t-il. C’est pour contrecarrer cette situation que la Mutualité Française réclame un droit à la complémentaire pour tous. Cette disposition fait partie d’une plateforme de propositions présentées lors des journées de rentrée de Tours. Elles sont discutées au cours de plusieurs réunions régionales, jusqu’au 8 février, qui rassemblent notamment du grand public, des professionnels de santé et des organisations syndicales. Objectif : placer la santé au cœur du débat électoral.

« UNE PAROLE FORTE »
Pour Stéphane Junique, membre du bureau de la Mutualité Française, il faut avoir « une parole forte » sur le droit à la complémentaire pour tous afin de faire vivre ce droit en Mutualité. Les garanties proposées devront, par exemple, être lisibles, assurer une solidarité intergénérationnelle, couvrir des soins dont l’utilité médicale est élevée, inclure de la prévention, avoir un socle de garanties ainsi qu’une liste optionnelle de prestations.
Un avis partagé par Annick Anquetil, chef de file mutualiste de la Cpam de Rouen (Seine-Maritime) : « Attention à ne pas proposer des contrats bas de gamme. » Il faut absolument rejeter l’idée d’un « panier de soins insuffisant », renchérit Jean-Pierre Dinaut, de l’union régionale Nord-Pas-de-Calais.
Pour Elvire de Almeida Loubière, représentante à la Cpam de Toulouse (Haute-Garonne), il conviendrait de proposer un contrat incluant le même panier de soins pour toutes les mutuelles : une sorte de « contrat d’affichage de la Mutualité Française ».

Source AFIM – 1er février 2012

24 Fév

Médicament : la recherche sous influence des labos

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Publication d’articles orientés, pressions sur les chercheurs : en panne d’innovation, les laboratoires pharmaceutiques ne manquent pas d’idées pour promouvoir leurs nouveaux médicaments, même s’ils ne comportent aucune avancée thérapeutique. Une table ronde organisée le 26 janvier par la revue « Prescrire » montre que le développement d’une recherche indépendante constitue une urgence sanitaire. En savoir +

La proportion de nouveaux médicaments ne comportant aucune avancée thérapeutique augmente régulièrement depuis les années 1980 sur le marché français. Et c’est tout particulièrement le cas au cours des « dix dernières années », a déploré le 26 janvier Marc-André Gagnon, professeur adjoint en politiques publiques à l’université Carleton (Canada) et chercheur en éthique à l’université Harvard (Etats-Unis). Cet expert s’est exprimé lors d’une table ronde organisée par la revue Prescrire sur le thème « Recherche sur les médicaments financée indépendamment des firmes : utopie ou nécessité sanitaire ? ».

En 2009, sur une centaine de nouveautés, seulement 3 constituaient une avancée thérapeutique, 76 n’apportaient rien de nouveau à la pharmacopée existante et 19 représentaient d’éventuels risques pour la santé. Cette situation s’explique par le développement d’un « modèle d’affaires basé sur lapromotion massive de médicamentsnon réellement innovants», regrette Marc-AndréGagnon.

Financièrement très rentable, ce modèle est « avant tout basé sur des compléments de gamme » et il encourage « une promotion à grande échelle ».

Objectif : influencer les pratiques médicales. Au total, 15 grandes firmes pharmaceutiques se partagent les deux tiers (64 %) du marché mondial, soit 900 milliards d’euros. Leurs dépenses de promotion sont deux fois plus importantes que celles consacrées à la recherche.

 

« LES FIRMES SE LIMITENT AUX EXIGENCES MINIMALES »

Pour parvenir à commercialiser largement leurs produits, les laboratoires ont une organisation bien rodée. Ils diffusent par exemple « une masse d’articles influencés », poursuit-il.

Entre 1998 et 2000, Pfizer a publié « plus de 80 articles, sur un total de 211 », concernant l’antidépresseur sertraline(Zoloft®) dans le but de« noyer les études critiques ».

Autre exemple : Merck a aussi été à l’origine de 96 articles sur l’antiinflammatoire rofécoxib (Vioxx®) : « Certains oubliaient de mentionner le décès de patients ! » Cette substance a été retirée du marché en septembre 2004, rappelle-t-on.

Dans le même esprit, les résultats des essais cliniques sont parfois utilisés de manière tendancieuse.

Les antidépresseurs IRS (inhibiteurs du capteur de la sérotonine) ont ainsi fait l’objet de 74 études : sur les 38 qui étaient favorables à ces antidépresseurs, 36 ont été rendues publiques. Mais parmi les études défavorables, seulement 8 % ont été « publiées telles quelles » et 15 % avec un « langage laissant croire que les résultats étaient favorables »… Or cette nouvelle génération d’antidépresseurs n’apparaît pas plus efficace qu’un placebo pour 70 % des patients.

D’une manière générale, « les firmes se limitent aux exigences minimales pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) », explique Jérôme Sclafer,membre du conseil rédactionnelde Prescrire. Elles se contententde comparer le nouveau produit àun placebo ou à un médicamentdéjà commercialisé, et ayant lamême indication, pour montrerqu’il n’est pas inférieur.

Plus grave : l’intimidation des chercheurs est présentée comme une méthode courante. Elle est même pratiquée pour défendre des médicaments dangereux tels que le rofécoxib (Vioxx®), les antidiabétiques benfluorex (Mediator®) et rosiglitazone (Avandia®), tous deux retirés du marché en 2010.

Cependant, pour Marc-André Gagnon, les firmes « n’ont pas le choix », car elles doivent « gagner des parts de marché » dans un marché concurrentiel. « C’est une économie politique de l’influence qui s’immisce dans l’ensemble de la recherche médicale et qui peutconduire les chercheurs les plushonnêtes à participer, de facto, àun système où la rentabilité pourles actionnaires se fait souvent audétriment du patient. »

 

UNE CONVENTION MONDIALE

Pour inverser cette tendance mondiale, ce chercheur réclame « plus de transparence », « l’encadrement et l’élimination des conflits d’intérêts », une évaluationplus rigoureuse et enfin, que la recherche indépendante regagne ses « lettres de noblesse ».

Il faut que « le savoir médical se construise sur la base de la santé publique et non pas sur un argument de vente ».

Un avis partagé par l’économiste de la santé, Germán Velásquez. Conseiller principal pour la santé et le développement à Centre-Sud – une organisation intergouvernementale regroupant 152 pays en développement basée à Genève –, Germán Velásquez appelle de ses vœux la signature d’une convention mondiale. Signé sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce texte permettrait de financer durablement, grâce à un fonds public commun, la recherche et le développement de médicaments à des coûts accessibles à l’ensemble des populations. Mais cela implique de « repenser la gouvernance mondiale en santé publique ». Pour lui, l’industrie pharmaceutique n’est malheureusement pas aujourd’hui au service de la santé publique. Alors qu’elle concentre ses activités sur des marchés fructueux, « un tiers de la population mondiale n’a pas accès aux médicaments utiles », fustige Germán Velásquez, rappelant que l’aide internationale diminue.

Dans les zones les plus pauvres, jusqu’à 50 % des personnes n’ont pas accès aux traitements. « Les maladies infectieuses tuent plus de 10 millions de personnes par an, dont plus de 90 % dans les pays en développement.»

 

Source AFIM – 2 février 2012

10 Fév

Le Mediator® responsable d’au moins 1 300 morts

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Le Mediator® (benfluorex) a « probablement » causé 3100 hospitalisations et au moins 1 300 morts entre 1976 et 2009 en France, selon une étude de l’Inserm publiée hier dans le journal spécialisé Pharmacoepidemiology and Drug Safety et reprise dans Libération. En savoir +

Il s’agit vraisemblablement d’une « sous-estimation », a précisé le chercheur Mahmoud Zureik, coauteur de cette étude avec l’épidémiologiste Agnès Fournier. La parution de cet article est un élément de plus au dossier de l’affaire du médicament antidiabétique, détourné comme coupe-faim.
Les deux chercheurs de l’Inserm avaient avancé en novembre 2010 une fourchette plus large allant jusqu’à 2 000 morts, chiffre jugé « pas du tout exagéré » par Catherine Hill de l’Institut Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne). « Nous avons affiné nos calculs en travaillant sur les données disponibles, qui, dans le cas de celles émanant de l’assurance maladie, ne permettent pas d’aller plus loin que l’année 2006 », précise Mahmoud Zureik dans Le Monde. Les deux épidémiologistes ont opéré à partir des statistiques hospitalières, de celles des remboursements pour des prescriptions de Mediator® et sur les chiffres de vente fournis par le laboratoire Servier.

Sur un total de 145millions de boîtes de Mediator® consommées entre 1976 et 2009, les auteurs estiment que 78 millions ont été vendues à des personnes ayant déjà consommé au moins trente boîtes du médicament. C’est parmi cette population de gros consommateurs qu’il est le plus probable de retrouver ceux ayant présenté des effets indésirables sérieux, une insuffisance valvulaire modérée à grave, et ayant été hospitalisés pour cette raison, souligne Le Monde.
Partant d’une étude française ayant montré que la prise de benfluorex multiplie
par 3,1 le risque relatif d’être hospitalisé pour une valvulopathie, Agnès Fournier et Mahmoud Zureik sont parvenus au résultat de 3 069 hospitalisations pour ce motif sur la période étudiée. « Nous avons fait des estimations volontairement conservatrices, explique Mahmoud Zureik, car nous n’avons pas pris en compte des décès pouvant survenir sans que le patient ait été hospitalisé, pas plus que les effets secondaires chez des patients ayant pris du benfluorex, mais ayant arrêté de le faire avant 2006. »
« Nos résultats sur le risque relatif d’atteinte des valves cardiaques et sur la mortalité pourraient donc sous-estimer la réalité », conclut-il. « Cette nouvelle estimation […] pourrait peser lourd dans la balance lorsque s’ouvrira le 14 mai, devant le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine), le premier procès du Mediator® », estime Le Monde.

Source AFIM – 10 février 2012

07 Fév

Génériques : baisse des ventes

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Douze ans après leur arrivée dans les pharmacies françaises, les médicaments génériques ont vu pour la première fois l’an dernier leurs ventes en volume reculer, soulignent Les Echos. En savoir +

Le nombre d’unités écoulées a diminué de 3 %, à 614 millions de boîtes, contrastant avec la hausse de 6 % enregistrée en 2010. En France, un médicament acheté sur quatre est un générique, mais la croissance de ces produits ne cesse de fléchir. « Depuis plusieurs années, les prescriptions de médecine de ville baissent. Or les produits de médecine générale sont traditionnellement les plus génériqués », explique l’économiste de la santé Claude Le Pen.
A cette tendance, s’ajoute la défiance des Français vis-à-vis des labos pharmaceutiques depuis le scandale du Mediator®. « Le générique est une victime collatérale du climat déplorable qui a prévalu en France en 2011. Lorsque le médicament d’origine est sujet à caution, la copie l’est plus encore ! », déplore Pascal Brière, président du Gemme, le syndicat des fabricants de génériques, qui appelle au lancement d’une campagne pour restaurer la confiance des assurés sociaux dans les génériques.
Il dénonce également la multiplication des mentions « NS », pour « non substituable », sur les ordonnances. Quelque 4 % des médecins apposent systématiquement la mention « non substituable » sur leurs ordonnances, selon une en quête de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Alors que « cette pratique a tendance à se répandre », selon Les Echos, le taux de substitution des médicaments de marque par des génériques est tombé de 82 % en 2009 à 68 % l’an dernier. « C’est d’autant plus dommage qu’un point de substitution dans le répertoire des produits pharmaceutiques correspond à 100 millions d’euros d’économies », souligne le président du Gemme.
« Les génériques ont encore permis d’économiser 2 milliards d’euros l’an dernier, après 1,75 milliard en 2010 », rappelle-t-il.
Ce bilan du recul des ventes des génériques coïncide avec le début de difficiles négociations entre les syndicats de pharmaciens et l’assurance maladie sur la mise en place de nouveaux modes de rémunération.

Source AFIM – 7 février 2012

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